Mardi dernier, j'ai regardé Baby-Boom à la télé. J'aime beaucoup ce programme et veille tous les mardi jusqu'à 23h30 pour ne pas le louper. (Mais pourquoi passe-t-il aussi tard?) Et toutes les semaines, sans exception, je pleure comme une madeleine à chaque naissance. J'avoue, je pleure souvent devant la télé. Un rien m'émeut. Je suis très bon public et il suffit d'une situation un peu triste ou émouvante, accompagnée d'une musique larmoyante et je me mets instantanément à sangloter. Même si la minute d'avant il y avait une pub pour du saucisson ou de la lessive! Mais bon, rassurez-moi, je ne suis pas la seule, hein?

Revenons-en à Baby-Boom. Pendant ma grossesse, je regardais l'émission pour me rassurer. Même si je savais que chaque accouchement est différent, unique et imprévisible, j'avais besoin, comme beaucoup de femmes je pense, "d'exemples" réels pour me préparer mentalement à toutes les éventualités. Et franchement, je peux dire que j'ai appris plus de choses à travers ce programme qu'en allant aux cours de préparation à l'accouchement.

Aujourd'hui, je regarde Baby-Boom pour son côté émouvant et par ce que je suis curieuse de voir comment s'est déroulé l'accouchement d'autres femmes. C'est vrai qu'il y a là un côté voyeur mais c'est filmé avec pudeur et respect et même s'il s'agit de télé-réalité pour une fois les couples présentés ne sont pas stéréotypés. Certains témoignages sont boulversants, d'autres beaucoup plus legers voire même drôles mais tous sont authentiques et c'est ce qui me plaît dans ce programme. Mais surtout, il y a les naissances. Et quoi de plus émouvant que d'être le témoin de l'arrivée sur terre de ces bébés et de voir dans les yeux de leurs parents tant d'amour et de bonheur!

Plus je regarde l'émission, plus je me dis que j'ai vraiment eu un merveilleux accouchement! Ne croyez pas que je n'ai pas eu mal (j'ai accouché sans péridurale et avec quelques complications) mais en tout cas, il s'est déroulé comme je l'avais souhaité. Pourtant c'était pas gagné. Il a d'abord fallu faire abstraction de l'avis de Multidaddy qui, comme son nom l'indique, avait déjà vécu deux accouchements et qui savait donc mieux que moi comment ça allait se passer! Selon lui, que je le veuille ou non, on allait me déclencher l'accouchement, me sauter sur le ventre, me faire une épisiotomie... Quand je lui disais que je voulais accueillir Loulou le plus naturellement possible, il levait les yeux au ciel et quand j'évoquais mon envie d'accoucher sans péridurale, il me prenait au mieux pour une rêveuse et au pire pour une folle! Je crois surtout qu'il m'en croyait incapable. Difficile de lui faire admettre que je n'étais pas comme son ex-femme et que mes souhaits étaient réalisables. J'ai vite compris que nous n'étions absolument pas sur la même longueur d'ondes et arrêté d'en parler. C'est d'ailleurs ce manque de soutien et de confiance qui ont été les plus durs à vivre pendant la grossesse. Je me suis sentie jugée et incomprise. Néanmoins, même si j'ai envisagé toutes les complications possibles nécessitant une intervention médicale, je n'ai cessé de croire en moi, en Loulou et en la possibilité de vivre son arrivée sereinement, en acceptant la douleur et les peurs, avec un minimum d'aide extérieure et chimique et un maximum de liberté.

Et j'ai eu raison de rester zen et d'y croire (et de refuser la "proposition" de Multidaddy de programmer l'accouchement au week-end avant le terme prévu par ce que selon lui "ça serait plus pratique")! Le jour J, j'ai pu accéder à l'espace physiologique de la maternité, une salle zen, non-médicalisée, avec vue sur un parc, où l'on est libre de se déplacer et bouger comme on veut pendant toute la période de travail (de dilatation). Je me suis d'abord détendue en prenant un bain dans une grande baignoire adaptée aux baleines, bercée par une douce musique relaxante et ai observé à travers la fenêtre des écureuils sauter de branches en branches. On se serait cru chez Nature et Découverte!! Multidaddy s'est d'ailleurs endormi sur son fauteuil. Les contractions étaient de plus en plus violentes mais j'étais apaisée, confiante et dans un cadre à la fois sécurisant et respectueux de mon intimité. Je pouvais marcher, m'assoir sur un ballon, essayer de me soulager en restant debout. En un mot (plutôt trois): j'étais libre! J'ai même pu aller faire une courte balade dans les couloirs de la maternité alors que j'étais déjà dilatée à 6. Bon, j'avoue, j'ai vite rebroussé chemin par ce que les contractions étaient trop fortes. Franchement, je n'ai pas vu le temps passer alors que j'y suis restée plus de 7 heures. Seule contrainte, un monitoring toutes les heures mais grace aux capteurs sans fil je pouvais continuer à déambuler librement dans la pièce. Vers la fin (enfin, ce que je pensais être la dernière ligne droite), je suis passée sur le lit de la salle d'accouchement mitoyenne à l'espace physiologique. Bébé a eu du mal à s'engager et passer dans mon bassin (le cordon éait enroulé autour du cou) et j'ai encore dégusté pendant plus de 2 heures. J'avais tellement mal que je ne sentais même plus les contractions. J'ai un peu paniqué et me suis demandée si tout était normal mais le calme de la sage-femme et les encouragement de Multidaddy ont été très rassurants. Nous n'étions que trois. Pas d'allers et venues du personnel médical. Personne en train de sauter sur mon ventre. Radio Nostalgie en fond sonore (si si!). Et notre fille qui allait arriver d'un moment à l'autre. Multidaddy a littéralement assisté la sage-femme et s'est transformé en accoucheur. J'en suis presque jalouse!

Loulou est née, en bonne santé, accueillie par son Papa et j'en suis ravie. C'est vrai que ça n'a pas été une partie de plaisir mais en toute sincérité je garde un merveilleux souvenir de cette journée si unique et les douleurs ne sont plus qu'un lointain souvenir qui a laissé place à un immense bonheur qui grandi de jour en jour. Je suis fière de moi, heureuse d'avoir été actrice de mon accouchement, étonnée de ma capacité à endurer cette épreuve mais également contente d'avoir montré à Multidaddy ce dont je suis capable et prouvé qu'il n'a pas toujours raison (je sais, je suis un peu con sur ce coup là!). J'ai conscience que j'ai eu beaucoup de chance mais reste quand-même persuadée que ma volonté et ma préparation psychologique y sont également pour beaucoup. Je ne suis ni maso, ni inconsciente. J'avais juste décidé de me faire confiance et de laisser la nature faire son travail. Nous avons toutes des ressources insoupçonnables et mettre au monde un enfant est certainement une des rares occasions de les découvrir.

Vivement mardi prochain!

 

 

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